Dossier final de GHIDA HAMMOUD. Les TIC dans le monde: facteur de progres ou fracture numerique
| PROPOSITION | Ghida Hammoud Mail : h.ghido@laposte.net |
| TITRE | TIC dans le monde : facteur de progrès ou fracture numérique ! |
| OBJECTIFS | Montrer comment l’Unesco développe des stratégies et des projets pour combler la fracture numérique entre pays riches et pays pauvres . Montrer les avantages et les limites des ces actions . |
| MOTIVATION | Au cours des dix dernières années, Les TIC occupent une place importante dans l’accès à l’information et au savoir. Réduire le fossé numérique entre pays riches et pays pauvres est devenu un impératif . De façon optimiste , les organisations comme l’Unesco espèrent utiliser les TIC comme partie intégrante dans une politique de développement dans les pays pauvres, notamment en termes d’éducation. D’une manière générale , les TIC devaient servir comme facteur de progrès pour promouvoir et accélérer l’éducation pour tous. Cependant , cette opportunité d’investir dans la promotion des TIC est-elle possible au moment où, comme on le sait, ces pays souffrent de problèmes encore plus graves, notamment en termes de santé, d’éducation, d’infrastructures et même d’alimentation et d’eau potable ? Il me semble donc intéressant de voir les actions que peuvent mener l’Unesco pour réduire la fracture numérique dans ces pays, ainsi que les limites de ces actions, afin que les TIC ne deviennent pas un facteur de plus pour aggravant les inégalités dans le monde. |
| WEBOGRAPHIE | ( Ce lien comporte d’autres liens concernant les projets d’action de L’Unesco dans la même perspective) |
| Plan /Parties | - Définition de la fracture numérique -Le rôle des TIC dans le processus de développement éducatif dans les pays du Sud. -Quelques projets et stratégies menées par l’Unesco pour intégrer les TIC dans la promotion de l’alphabétisation et l’enseignement supérieur. - Témoignages et débat -Les avantages et les limites des résultats des actions menées. |
Introduction
Définition de la fracture numérique
« Les progrès technologiques liés à l’informatique et à Internet sont à la base du développement de la « société de l'Information », qui succède à la société industrielle. Bien que cette nouvelle forme de société soit à la source d'une forte croissance économique, elle a également mis en place de nouvelles formes d'exclusion que l'on rassemble sous le nom de fracture numérique. Cette expression est probablement issue de l'anglais digital divide…
La fracture numérique concerne les inégalités dans l'usage et l'accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC) comme les téléphones portables, l'ordinateur ou le réseau Internet. La fracture numérique ne représente donc qu'une toute petite partie de l'ensemble des inégalités de développement. On parle parfois aussi de fracture digitale ou de fossé numérique » Encyclopédie Wikipedia
Plusieurs critères ont été utilisés dans les différentes études permettant d’évaluer l’existence et de suivre l’évolution d’une fracture numérique au sein d’une population. Il s’agit principalement du nombre d’utilisateurs du réseau d’Internet ainsi que le nombre d’ordinateurs connectés par rapport à la population.
Une fracture numérique ne se mesure pas uniquement entre les pays du nord et les pays du sud, elle est également observée au sein d'un même pays (y compris développé) avec des différences entre régions urbaines et régions rurales, entre catégories sociales, entre communautés culturelles, ou encore entre genres (sexes).
La fracture numérique apparaît ainsi comme un sujet assez large. Dans notre dossier, nous nous intéresserons uniquement à la fracture numérique entre les pays du Nord et ceux du Sud. Par ailleurs, l’étude sera limitée à la fracture numérique liée à l’accès à l’informatique et à l’Internet. Depuis ces dernières années, un certain nombre d’organismes et des ONG ont pris conscience de la nécessité de réduire cette fracture numérique. L’Unesco, de son côté, adopte des stratégies et lance des projets pour intégrer les TIC dans sa politique de développement éducatif.
Dans une première partie, nous nous arrêterons sur le rôle des TIC dans le processus de développement éducatif dans les pays pauvres. Nous présenterons ensuite quelques actions menées par l’Unesco pour intégrer les TIC dans la promotion de l’alphabétisation et l’éducation permanente suivi d’une discussion sur l’importance de cette fracture numérique.
La dernière partie sera consacrée aux avantages et aux limites des différentes actions menées tout en s’interrogeant sur les conditions du terrain et leur influence quant à l’intégration des TIC.
II -Le rôle des TIC dans le processus de développement éducatif dans les pays du Sud.
Certes, l’utilisation des TIC dans le secteur éducatif peut être un levier de développement éducatif dans des pays pauvres . Si elles sont exploitées à bon escient, ces technologies peuvent accroître l’impact des informations et des connaissances au profit du développement éducatif des communautés démunies.
Voici quelques exemples qui illustrent les profits éducatifs d’un déploiement efficace des TIC :
- Les nouvelles technologies permettent des solutions inédites dans les endroits où les moyens sont limités. Internet peut ainsi révolutionner les moyens pédagogiques dans les pays où les livres et les supports classiques sont rares, les revues à un prix inaccessible et les bibliothèques peu nombreuses et bien pauvres ; toutes ces conditions défavorables qui rendent l’accès à l’information et l’alphabétisation très difficiles dans ces pays. Tout cela pourrait changer avec Internet. L’accès aux ressources offertes par ce dernier permet à ces populations un accès bon marché aux informations qui leur sont nécessaires et constitue une réponse adaptée à la pénurie documentaire .
- Le E-formation peut compenser la pénurie d’enseignants. Dans la mesure où celle-ci est parmi les principales causes du retard dans le secteur éducatif , l’apprentissage en ligne ( E-formation) permettrait là aussi d’apporter des solutions nouvelles. Il s’agit d’un potentiel certain pour la formation des étudiants.
- La formation des enseignants reste insuffisante dans de nombreux pays pauvres. Les écoles de formation des maîtres et des professeurs pourraient donc par le biais de l’utilisation des TIC améliorer cette formation.
Par ailleurs, l’éclatement géographique des enseignants ne leur permet pas de se rencontrer et d’échanger assez souvent. Là encore, l’Internet pourrait apporter des réponses sous la forme de plate-forme d’échange et d’accès à des ressources pédagogiques.
- Internet peut offrir notamment de nouveaux outils d’apprentissage dont peuvent bénéficier les professeurs des écoles ( par exemple dans les sciences expérimentales) , en remplaçant par des expériences virtuelles, les manipulations habituellement réalisées au laboratoire mais pour lesquelles leur manquent le matériel et les produits nécessaires.
Les TIC, comme outils de technologie au service des populations pauvres, de leur éducation et de leur autonomisation, pourraient donc contribuer à différents niveaux à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la formation en général , en leur permettent de s’informer, de se former et de participer aux différents sujets d’actualité.
III- Quelques projets menées par L’Unesco dans le cadre de ses initiatives en termes d’éducation :
Dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation et la Décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable, l’Unesco a fixé un programme intitulé « L’éducation de base pour tous »( d’ici 2015). Pour atteindre cet objectif, l’Unesco a prévu d’appliquer une campagne d’alphabétisation basée sur les TIC pour les jeunes comme pour les adultes . En outre, l’organisation vise à accélérer et finaliser les programmes de diffusion mondiale des TIC modernes, pour permettre aux pays de développer les écoles et centres d’apprentissage à distance, ainsi que les établissements et centres d’éducation permanente. L’objectif est double, réduire la fracture numérique et développer l’éducation dans ces pays .
Nous allons passer en revue quelques actions et projets menées par l’Unesco intégrant les TIC au service du développement éducatif dans les pays en développement :
En Afrique :
Dans le cadre d’un projet de l’ UNESCO, des praticiens de l’alphabétisation et de l’éducation non scolaire travaillant dans des régions défavorisées de Namibie, d’Ouganda, du Mali et du Burkina Faso, ont appris à se servir des TIC pour l’alphabétisation et la formation permanente.
-Afrique : Projet en Namibie
Développer des modèles et des méthodologies d'éducation à distance efficaces soutenus par les TIC aux établissements d'enseignement secondaire en Namibie.
Asie pacifique
Il s’agit d’un projet de soutien au développement de matériels d'alphabétisation reposant sur les TIC dans Asie du Sud( Inde, Pakistan, Bangladesh) dans le domaine de l'alphabétisation et de l'éducation non formelle.
Le projet de l’UNESCO SchoolNet vise à intégrer de manière plus systématique les TIC à l’école. Un CD-Rom a été conçu sur la base sur des programmes d’étude du Cambodge, de l’Indonésie, de la Malaisie, du Myanmar, des Philippines, de la RDP lao, de la Thaïlande et du Vietnam.
Le Bureau de l’UNESCO à Beijing a aidé le Gouvernement mongol à associer les TIC aux méthodes traditionnelles d’alphabétisation reposant sur le face-à-face pédagogique.
-L’action menée par l’Unesco a Islamabad ( page 4-5)
Le Bureau de l’UNESCO à Islamabad a aidé le Centre national d’éducation non formelle et à distance pour l’élaboration de matériels pédagogiques répondant aux besoins d’alphabétisation des adolescents et des adultes.
Etats arabes :
Le Bureau de l’UNESCO à Ramallah a aidé le Ministère palestinien de l’éducation et de l’enseignement supérieur à exécuter des activités éducatives au titre de son plan de développement de l’éducation pour 2000-2005.
Amérique latine
-L’action menée par l’Unesco en Cuba (p 6)
-L’action menée par l’Unesco en Cuba (p 6)
Le Bureau de l’UNESCO à San José appuie le programme du Ministère de l’éducation du Panama tendant à combattre l’analphabétisme et la pauvreté dans les régions à peuplement autochtone. L’UNESCO a aidé le Gouvernement cubain à établir une documentation sur son expérience nationale en matière d’alphabétisation et d’utilisation des TIC au bénéfice des femmes rurales
Cette liste non-exhaustive des actions ou projets menés par l’Unesco dans les pays du Sud montre la volonté de cette organisation de généraliser l’utilisation des TIC, de réduire la fracture numérique tout en développant le domaine de l’éducation.
III- Témoignage et débat
« Et si la fracture numérique n’existait pas ? »
EBAD Universite Cheikh Anta Diop
SCAC Ambassade de France au Senegal
Il s’agit d’un DVD qui décrit une expérience africaine de formation à distance menée de 1999 à 2005 à l’EBAD ( Ecole de Bibliothécaires, Archivistes, Documentalistes) à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Les témoignages recueillis à la suite de cette expérience appuient l’idée que la fracture numérique se comble en Afrique.
« En 2005, en Afrique, Internet s’implante de plus en plus. Des fractures certes il y en a : au niveau de l’économie, du travail, de la gouvernance, de l’accès à l’eau, à l’énergie, à l’école, aux médicaments. Mais pourquoi en parler ici, au niveau du numérique, alors que c’est le seul endroit où elle semble pouvoir se combler ? »
Ainsi les témoignages recueillis durant cette expérience semblent être assez positives :
Sujet 1 : « Ca été une expérience à tous points de vue exaltante ».
Sujet 2 : « Le numérique rapproche tout ce qui éloigne les gens ».
Sujet 3 : « De plus en plus au Burkina, il y a des formations à distance ».
Sujet 4 : « Ca apporte quelque chose à l’étudiant ».
Sujet 5 : « Pour une fois , on part à chances égales ».
Cet article se base sur un rapport produit par une équipe du département de communication de l’université de Washington et qui montre que la fracture numérique entre les pays du Nord et du Sud se creuse davantage et que le chemin à parcourir reste long.
« Les technologies de l’information et des communications (TIC) sont plus concentrées dans les pays riches qu’il y a dix ans. De plus, l’accès à Internet demeure inabordable pour la vaste majorité des habitants des pays en voie de développement. Trop loin, trop cher, Internet ne favorise pas l’émergence d’un contenu original dans la grande majorité de ces pays…
Les auteurs du rapport mettent en garde contre le mirage que constitue un plus grand accès à Internet dans les pays qui y étaient peu rattachés il y a dix ans.
S’il est vrai que les opportunités de se connecter au réseau des réseaux sont plus élevées dans la plupart des pays du monde, en revanche les ordinateurs personnels, hébergeurs et serveurs sécuritaires sont plus concentrés dans un plus petit nombre de pays qu’en 1995.
Selon le rapport, la tendance vers une meilleure distribution des TIC, que l’on pouvait constater entre 1995 et 2000, s’est même inversée entre 2000 et 2005.
À titre d’exemple de la disproportion dans la distribution des TIC, le Congo comptait à peine 17 000 ordinateurs en 2005, les États-Unis plus de 220 000 000. Toujours la même année, dans plus de 47 pays il y a moins de 100 000 ordinateurs.
Côté serveurs, plus de 142 pays en ont moins de 10 000. À eux seuls, les États-Unis ont 36% des serveurs au monde (27 500 000 serveurs).»
IV- Avantages et limites des actions menées dans les pays Sud.
La fracture numérique semble être bien présente entre les pays du Nord et les pays du Sud si on part du postulat que la disparité se mesure sur le nombre de connectés à Internet par rapport à la population. Les statistiques sur l’usage d’Internet parmi la population dans les différentes régions du monde confirment cette thèse : Statistiques ( Site en anglais)
Afrique(3,6%), Asie ( 10,7%) , Europe ( 38,9%) Moyen-Orient (10,0%), Amérique du Nord ( 69,7%), Amérique latine et Caraïbes (17,3%), Océanie et Australie( 53,5%). On remarque d’emblée le très grand écart qui existe entre les pays du Nord et les pays du Sud.
La question qui se pose est de savoir quelles sont les avantages et les limites des actions menées par l’Unesco (ou même par les autres organismes ou états développés) pour réduire cette fracture ?
Comme on l’a vu précédemment, les TIC jouent un rôle important, si elles sont utilisées à bon escient , dans le domaine éducatif dans les pays pauvres.
Les projets menés dans ces pays peuvent apporter des résultats intéressants dans les villes où existent des infrastructures permettant l’accès à Internet notamment au sein des structures éducatives. En revanche, dans les lieux où l’électricité et la ligne téléphonique ne sont pas disponibles, les résultats risqueront de ne pas être au même niveau car dans ces cas l’accès aux TIC sera limité ( informatique, logiciel , données numériques gravées sur CD Rom qui n’ont pas besoin de connexion Internet) ou même totalement absents accentuant par là la fracture et les inégalités d’accès à la formation et à l’information.
Le manque d’infrastructure de télécommunications et de connexions d’Internet restent donc un obstacle majeur qui laissent à l’exclusion des TIC une population pauvre
Par ailleurs, les actions menées par l’UNESCO consistent à aider les gouvernements à développer leurs politiques pour réduire la fracture numérique. Cependant, le coût de l’accès aux TIC reste relativement cher dans les pays du Sud par rapport au niveau de vie . A l’échelle individuelle, le coût d’accès devient donc un obstacle de plus qui participe à la fracture numérique en excluant les populations les plus pauvres, qui ont particulièrement besoin de cet accès à l’information.
Afin de réduire cette fracture numérique , un projet d’ordinateurs à 100$, destiné aux écoliers des pays de Sud, a été lancé lors du SMSI ( sommet mondial de la société d’information) qui a eu lieu à Tunis en 2005 .
D’autre part, il ne suffit pas de donner l’accès à Internet et d’assurer la formation d’utilisateurs mais il faudrait développer par ailleurs un savoir faire technique et des compétences pour assurer la maintenance de ces machines et pourquoi pas une production locale, ce qui consisterait à prendre en compte la fracture numérique dans sa dimension la plus large et contribuerait à réduire l’état de dépendance des pays des Sud ( pays consommateurs) envers les pays du Nord ( pays producteurs).
La réalité de la fracture numérique est aggravée également en raison des langues utilisées sur Internet. En effet, le contenu des informations sur Internet est disponible uniquement dans quelques langues européennes, principalement l’anglais.
L’Unesco a prévu à ce sujet le projet BABEL avec comme objectif de promouvoir le multilinguisme qui rendrait possible l’accès à l’information dans des langues locales. BABEL
Une dernière limite aggravant la fracture numérique est liée à la censure exercée dans beaucoup de pays du Sud par les gouvernements pour des raisons politiques, sécuritaires ou socioculturelles . Et ainsi certaines populations se trouvent exclues de l’accès à une riche et réelle information leur permettant une ouverture sur le monde extérieur.
Conclusion
La fracture numérique est bien présente entre les pays du Nord et ceux du Sud. L’Unesco et certains organismes luttent avec leur moyen pour réduire cette fracture en permettant à une population un premier contact avec l’outil informatique et le réseau Internet, et en favorisant l’accès à l’information et l’éducation en même temps. Le sommet mondial sur la société de l’information (SMS) (qui a eu lieu à Genève en 2003 et à Tunis en 2005) a été organisé pour sensibiliser l’opinion au problème de la fracture numérique mais aussi sur les ouvertures que peut offrir l'Internet. Le processus de la réduction de cette fracture s’annonce long , même si la multiplication des actions et des projets pour réduire cette fracture laisse espérer une réduction progressive de ce fossé et la généralisation des TIC au plus grand nombre jusqu’au plus démunis ,cessant d’être des outils de luxe réservés à certaines catégories de populations privilégiées.
Webographie
1-Site de l’Unesco,Consulté le 20/05/2007 ( N.B Ce site renvoie à d’autres sites présentant l’actualité des actions de l’Unesco et les TIC)
2- Site de l’Unesco sur le projet BABEL , consulté le 16/05/2007
3-Internet de Rue , TIC, Alphabétisation et lutte contre l’illettrisme, consulté le 16/05/07
5-Statistiques du Monde, , consulté le 18/05/2007
6- Ordinateurs à 100$ , consulté le 23/05/2007
7-SMSI ( sommet mondial de la société de l’information ) , consulté le 15/05/2007
8- Article : La fracture numérique se creuse davantage , consulté le 3/05/07
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