Dossier : Les TICs au service des enfants hospitalisés

Publié le par seraphin ALAVA

En quoi les TICs peuvent-ils aider les enfants hospitalisés à retrouver leurs repères sociaux pédagogiques et familiaux?

 




I / Enfants hospitalisés : Quels enjeux éducatifs et quels problèmes?

 

    Lors d'une hospitalisation de longue durée, l'enfant perd ses repères sociaux, pédagogiques, éducatifs et familiaux. Les nouvelles technologies et le cyberespace permettent de restaurer ces liens qui jusque là étaient rompus.
    Sachant que l'instruction est obligatoire et nécessaire pour l'enfant, les nouvelles technologies permettent à l'enfant hospitalisé de ne pas sortir du système scolaire et par là lui évite aussi de prochaines difficultés.
    Les enjeux éducatifs de cette école via Internet et par visioconférence sont nombreux. Elle permet à l'élève de garder le contact avec ses camarades de classe, son professeur et surtout ses amis les plus proches.
    Sur le point des savoirs et compétences cette école dans le cyberespace lui permet de poursuivre son parcours scolaire à son rythme avec si besoin des professeurs qui sont là pour l'aider.
    De plus cela peut être aussi bénéfique pour l'élève malade que pour ses camarades, pour ce qui est de l'apprentissage des nouvelles technologies.
Les élèves ont alors une source d'information énorme, ils peuvent se familiariser à Internet, aux ordinateurs, et ceux grâce à l'accompagnement des professionnels de l'éducation qui sont là pour baliser ce terrain qui pour beaucoup était inconnu jusque là.
    Au niveau éducatif, il y a tous les problèmes pédagogiques qui se posent il y a un besoin de formation à la visioconférence pour le professeur de l'école d'origine et pour les parents mais aussi sur les questions d'organisations des cours, le nombre d'heures que l'on doit utiliser cet outil, comment intégrer l'enfant hospitalisé à la classe.
    Des questions se posent, les élèves sont bien réunis mais dans un espace différent, de plus on peut alors se demander si cet enseignement à distance, sans l'être, puisque en direct via Internet, ne devient pas de l'auto formation pour l'élève hospitalisé malgré la présence de l'enseignant à l'hôpital pour l'accompagner.
    Nous pouvons aussi remarquer que ce programme d'école via Internet essaie d'éviter le piège qui serait d' effectuer des discriminations en son sein, n'importe quel enfant hospitalisé dans la région pilote de ce projet a accès à ce programme.
    Maintenant celui ci n'a pas été généralisé à l'ensemble du territoire, c'est donc un problème à régler puisque ce programme est une réussite pour les enfants hospitalisés.
    Une autre question se pose est ce que le cyberespace éducatif pourrait techniquement se généralisé à l'ensemble du territoire sachant qu'un accès à Internet est nécessaire? N'y aura t-il pas une fracture numérique entre grande ville complètement desservie et petites communes n'ayant pas les moyens d'investir dans les infrastructures nécessaire à la mise en place d'Internet.

II / L'exemple de ComEcole

 

    Le projet ComEcole propose d’installer trois ordinateurs équipés de Webcams et reliés à l’Internet : l’un dans la chambre de l’enfant à l’hôpital, le deuxième dans sa classe d’origine, le troisième chez ses parents.

 

    Une équipe se mobilise pour mettre en place le dispositif et permettre son fonctionnement.

 

    Dès qu’un nouvel enfant arrive à l’hôpital, un enseignant de l’école des enfants malades le rencontre, lui et ses parents, et leur explique comment l’enfant va continuer à être entouré, formé et suivi pendant cette période transitoire de maladie. Il contacte son collègue de l’école d’origine, et après accord de chacun validé par une convention dans le cadre de l’Education Nationale, le dispositif se met en place.

 

    L’équipe d’Arwen Technologies prend alors le relais et se rend au domicile de l’enfant pour installer un ordinateur portable, le connecter à l’Internet et former les parents. Elle se rend également à l’école pour installer un ordinateur fixe dans la salle de classe et le mettre en réseau (WiFi et Internet). Elle installe enfin un ordinateur portable à l’hôpital, que l’enfant utilisera dans sa chambre ou dans la salle de classe de l’hôpital, sous le contrôle de l’enseignant.

 

    Un membre de l’équipe du RDRI (qui sont des enseignants chargés de la formation des professeurs des écoles) s’occupe alors de former l’enseignant de l’école d’origine aux outils de visioconférence et de téléphonie mais également de l’accompagner dans la démarche pédagogique : comment organiser des cours à distance, comment intégrer l’enfant que l’on voit à l’écran dans le fonctionnement de la classe, combien de temps par jour ou par semaine utiliser l’outil... Mille questions se posent qui bouleversent l’enseignant dans sa pédagogie, et le soutien de l’équipe en place est alors important.

 

   Le site Internet collaboratif, ComEcole.free.fr, a été créé pour :
- permettre à chacun de connaître le projet.
- permettre la capitalisation des compétences et la mutualisation des expériences des enseignants dans un lieu ressource.
- permettre aux parents de se renseigner sur le dispositif.

 

    Ce projet concerne les enfants malades hospitalisés ou non, pour une période de trois mois ou plus, scolarisés dans l’enseignement élémentaire du département du Rhône.
Une expérimentation a été menée en 2004 avec deux enfants lyonnais, et elle est en cours de généralisation depuis 2005.

 

    Afin de pérenniser ce projet, pour que les futurs enfants malades puissent en bénéficier, l’engagement des structures partenaires (Education Nationale, Hospices Civils de Lyon, Ville de Lyon, Alysem, Lumière contre la Leucémie) doit être appuyé par d’autres collectivités territoriales.

 

    Au-delà de l’apport évident pour l’enfant malade, ce projet permet de penser par un biais particulier, la maladie de l’enfant, qui dépasse tous les clivages sociaux puisqu’elle se manifeste au hasard, l’acculturation du plus grand nombre à l’usage des nouvelles technologies.

 

« (…) Il est temps de donner à nos outils télématiques non seulement une dignité culturelle, mais un certain prestige mythique si l’on veut que tout un chacun ait envie de se les approprier. Ainsi transformera-t-on le gadget utilitaire en instrument de civilisation. »
Régis Debray – Le Monde Diplomatique – Mars 1997.

 

    Sans prétendre au prestige mythique, il semble aux concepteurs que ce projet donne largement une dignité culturelle et humaine à nos outils télématiques modernes, et transforme effectivement le gadget utilitaire en instrument de civilisation.

III / Zoom sur les nouvelles technologies à l'école

 

    L'éducation nationale contribue au projet d'une société de l'information pour tous. Son rôle est de dispenser à chaque futur citoyen la formation qui lui permettra de faire une utilisation raisonnée des techhnologies de l'information et de la communication.

 

1 / Les espaces numériques de travail (E.N.T.)

 

    Les E.N.T. permettent d'ouvrir davantage l'école aux parents. Ils favorisent l'équipement des foyers et leur connexion à internet et ont, par conséquent, un effet important sur la réduction de la fracture numérique. Ils participent en cela largement à l'aménagement numérique du territoire (le taux d'équipement des familles avec enfants scolarisés est actuellement près de deux fois plus élevé que celui des autres familles).

 

    Les E.N.T. mettent en relation l'ensemble des intervenants d'un établissement, les parents et les élèves. Ils sont de nature à favoriser l'extension de la notion de communauté scolaire. Ce périmètre d'acteurs grandissant, c'est un véritable maillage numérique autour de l'établissement scolaire qui se construit. L'association étroite de l'ensemble de ces partenaires doit être mise en oeuvre dans les E.N.T., tout en respectant le rôle de chacun.

 

 
2 / Des compétences à acquérir, à chaque niveau d'enseignement
 
a / Le brevet informatique et internet (B.2.i.) pour les élèves
 

    La maîtrise des technologies de l'information et de la communication (T.I.C.) constitue pour les élèves un facteur de réussite déterminant pour la poursuite d'études. A chaque niveau d'enseignement, il est recommandé aux différents acteurs de l'éducation nationale de renforcer les moyens et dispositifs mis en place afin de poursuivre la généralisation de l'utilisation des T.I.C.

    La certification des compétences des élèves dans le domaine des T.I.C. se généralise. La note de service n° 2000-206 du 16 novembre 2000 a défini un brevet informatique et internet (B.2.i.) école et un B.2.i. collège. Les B.2.i. sont des attestations de compétences développées par les élèves tout au long de leur cursus lors d'activités intégrant les T.I.C. Les domaines de compétence du B.2.i. école ont été intégrées aux programmes d'enseignement primaire entrés en vigueur à la rentrée 2002. Une expérimentation d'un B.2.i. lycée-CFA a été expérimentée en 2003-2004.

    On dénombre cinq domaines communs aux trois niveaux :

  1. S'approprier un environnement informatique de travail
  2. Adopter une attitude responsable
  3. Créer, produire, traiter, exploiter des données
  4. S'informer, se documenter
  5. Communiquer, échanger

    Compte tenu des évolutions des usages des T.I.C. par les jeunes, le domaine 2 (adopter une attitude responsable) a fait l'objet d'une attention particulière.

 
B / Le certificat internet et étudiant (C2i) pour les étudiants
 

    Suite logique du B.2.i., le C.2.i. niveau 1 a pour objectif de permettre aux étudiants de maîtriser les compétences qui sont désormais indispensables à la poursuite d'études supérieures et d'être capables de faire évoluer ces compétences en fonction des développements technologiques. Enfin, il vise à établir qu'ils maîtrisent des compétences qui les aideront à s'insérer dans le monde professionnel à la fin de leur cursus.

 
C / Une formation accrue des enseignants
 

    La rapide évolution des T.I.C. a engendré au cours de ces dernières années une progression notable des équipements disponibles dans les établissements d'enseignement. Tout enseignant est désormais concerné par l'usage des outils propres à ces technologies et leur intégration dans les pratiques pédagogiques.

    L'éducation nationale a mis en place un certificat Informatique et Internet niveau 2 " Enseignant " destiné aux enseignants stagiaires des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (I.U.F.M.). La finalité de ce certificat est d'attester les compétences professionnelles communes et nécessaires à tous les enseignants pour l'exercice de leur métier. Ces compétences doivent permettre à tout enseignant d'évoluer et de continuer à se former tout au long de sa carrière.


D / Assurer la sécurité des mineurs sur internet
 

    Priorité nationale, le développement de l'utilisation d'internet doit s'accompagner de mesures de formation et de contrôle pour assurer la sécurité des citoyens, notamment des mineurs.

    Les mesures mises en oeuvre dans les établissements scolaires concernent à la fois :
- l'information et la formation des usagers ;
- la mise en place de dispositifs techniques de filtrage.

    Le gouvernement a mis en ligne le site www.mineurs.fr qui recense l'ensemble des informations et projets sur la protection et la responsabilisation des mineurs sur internet.

    La mise en place de chartes d'usage des TIC permet d'impliquer l'ensemble des acteurs de la communauté éducative (enseignants, élèves, personnels, parents d'élève).

Différents exemples de chartes  sont disponibles sur le site suivant :

http://www2.educnet.education.fr/educnet/sections/services/accompagnement/securite/chartes/guide_daide_a_lela


    La mise en place de dispositifs de filtrage ou de contrôle des sites consultés sur internet assure une protection des élèves vis-à-vis des contenus inappropriés.



 

Conclusion

 

    Les TICs constituent un outil indispensable pour les enfants hospitalisés. En effet c’est un outil d’accompagnement qui permet de diminuer les souffrances psychologiques de l’enfant dues à l’isolement durant cette période d’hospitalisation.

 

    C’est aussi un outil pédagogique, qui permet de recréer le lien avec la classe d’origine de l’élève et ainsi d’éviter un éloignement avec ses amis.

 

    Sur le point de vue éducatif il permet de conserver un lien avec l’école et d’éviter un possible échec scolaire en favorisant la poursuite du projet de l’enfant.

 

    L’enfant garde un lien quotidien avec ses amis, ses parents, la guérison peut alors se faire de façon plus sereine puisque l’enfant ne perd pas ses liens affectifs et pédagogiques.

 

    Il semble important d’intégrer le plus rapidement les nouvelles technologies aux pratiques enseignantes pour pouvoir ainsi aider les enfants malades et hospitalisés.

 

 

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Publié dans DOSSIER

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