Exposé suite Eléonore Message et Dima Hannah

Publié le par seraphin ALAVA

 

5) Le rapport au savoir

 

Pyramide des savoirs au Réseau de savoir : De la cognition individuelle à la cognition distribuée

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La pyramide ci-dessus réalisée à partir d’une étude parle d’elle-même mais soulignons tout de même ce qu’elle met en évidence. Pour faire simple, l’apprenant assimilera plus facilement et plus durablement des connaissances si son apprentissage se fait dans le cadre d’une participation active de sa part.

Avec ce que nous connaissons d’internet actuellement, nous pouvons dire que les trois derniers « posts » de cette pyramide soit : discussion en groupe, pratique et application immédiate, enseignement aux autres, peuvent être favorisés par un travail collaboratif en ligne.

Ainsi, l’apprentissage dépasserait le stade de la formation classique dans laquelle l’enseignant dispense son cours, et l’apprenant prend des notes et les mémorise. Avec internet, nous dérivons progressivement vers un réseau des savoirs où les internautes sont partie intégrante de leur propre formation mais aussi de celle des autres. L’apprentissage est interactif.

Le cyberespace offre plus qu’un apprentissage numérique, il est la source d’un apprentissage partagé. C’est l’intelligence d’une multitude d’individus matérialisée sur le réseau et par l’intermédiaire d’un écran qui rend plus réel ce qui est virtuel : on parle d’intelligence connective.

Même si celle-ci a toujours existé, bien avant l’apparition des réseaux, elle prend vraiment toute son ampleur dans le cyberespace.

 « Le concept d'intelligence connective révèle une dimension de la psychologie humaine jusqu'ici soit ignorée, soit tenue pour épisodique ou accidentelle, la communauté mentale. L'intelligence et la sensibilité sont généralement tenues pour être de nature exclusivement individuelle. Sans doute croyons-nous pouvoir partager des sentiments, mais seulement par sympathie, pas dans un espace mental véritablement commun. Nous avons acquis et conservé si longtemps l'habitude de penser par nous-mêmes, de nous approprier les ressources du langage par la pensée et l'écriture que nous croyons naturelle l'intelligence privée, et exceptionnels les phénomènes d'intelligence et de sensibilité collectifs. Mais, c'est tout le contraire. La pensée n'est pas du langage intériorisé, c'est le langage même qui est de la pensée extériorisée. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication renversent les tendances individualistes de la lecture. »

Avec l’ordinateur et le réseau, la réflexion de l’apprenant passe de son cerveau à l’écran. Le cerveau est ainsi complété par la technicité de la machine et le réseau, qui accélère la pensée et donne accès au savoir infini des autres internautes.

Lorsque l’on parle de cognition on s’intéresse au système de traitement de l’information. Ce système peut être individuel ou partagé entre plusieurs individus. Avec le réseau on accède ainsi à une « cognition sociale » c'est-à-dire que les internautes sont en « interaction au sein d’un réseau social ».

Dans ces réseaux sociaux, les informations divulguées sont traitées par l’ensemble des personnes composant le réseau, qui à leur tour vont compléter les informations, les partager dans un principe d’  « interactions en chaîne ».

 

6) Perspectives

 

Nous avons pu le voir grâce à ces exemples, l’apprenant devient un individu à la fois acteur, chercheur, créateur de son projet d’apprentissage.

En allant à la rencontre d’internautes du monde entier ayant les mêmes centres d’intérêt, il entre en communion intellectuelle et apprend à activer parallèlement les ficelles le rendant autonomes et lui apprenant à s’auto-réguler au sein d’un groupe.

Ainsi, alors qu’en « temps scolaire » l’apprenant  voit son apprentissage organisé autour de la mémorisation et de la récitation (Hausfather, 1996), avec le web participatif il peut s’épanouir dans un contexte d’apprentissage social, celui que Vigotsky  prônait déjà.

 

 

 

Les réseaux du savoir: un nouvel espace sémiotique à explorer
Derrick de Kerckhove et Dominique Scheffel-Dunand
Université de Toronto

Contribution à la Foire des études françaises de l'an 2000 et au Colloque international sur:
« Les études françaises valorisées par les nouvelles technologies d'information et de communication »
(Toronto, 12-13 mai 2000)

 


Itinéraire des pédagogies de groupe - Apprendre en groupe ? 1, Chronique sociale, Lyon, 1984, 7° édition, 1994, traduit en italien. 8° édition refondue, 2000.

Diane ARCAND : L’apprentissage collaboratif : http://www.tact.fse.ulaval.ca/fr/html/coop/2app_coo/cadre2.htm

 

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