Exposé Eléonore Message et Dima Hannah

Publié le par seraphin ALAVA

Nouvelles pratiques numériques : quels apports pour l’apprenant ?

 

Nous nous sommes intéressées à ce sujet car ces pratiques sont en plein expansion notamment avec l’apparition du web 2.0 ces dernières années. Le développement constant des technologies de l’information et de la communication sur le net a ouvert la voie à des usages tournés vers le partage. Le cyberespace devient un lieu ouvert dans lequel les voix se mêlent, les expériences et les connaissances se partagent pour finalement donner naissance à de nouvelles pratiques sociales éducatives. Nous sommes parties de la question suivante : En quoi ces nouvelles pratiques éducatives numériques ont-elles un impact sur le rapport de l’apprenant au savoir ? Dans cet exposé, nous nous intéresserons tout particulièrement aux pratiques collaboratives et notamment aux communautés éducatives.

 

 

1) Les communautés éducatives

 

Avec le développement d’internet, les communautés d’apprentissage sont en expansion constante. Elles peuvent être composées de différents acteurs : élève, enseignant, apprenants de tous âges….

 

Elle a pour objectif d’augmenter le savoir collectif par l’implication de chaque participant. Elle  permet à l’apprenant d’être  responsable de sa production,  elle le motive a approfondir sa réflexion et sa recherche.

Dans le groupe, chacun  échange ses idées et à une responsabilité qu’il doit  assumer jusqu’au bout. Ainsi,  la dynamique d apprentissage sera plus efficace.

 

Dans notre travail, nous nous intéressons aux différents  modes de participation de l’apprenant dans la  communauté notamment dans ses  interactions verbales et non verbales.

 

Le principe de participation a été discuté  par de nombreux auteurs, notamment Lave et Wenger qui considèrent que la cognition et l’apprentissage sont situés c’est a dire que l’interaction fait partie intégrante des processus d’apprentissage.(Brown et al., 1989 ;Lave et Wenger, 1991 ; Wenger, 1998). Ainsi, l’apprentissage résulte de la participation à l’activité d’une communauté de pratique. . Selon eux, une communauté de pratique peut être définie comme un ensemble de relations entre des personnes, des activités et le monde. Elle constitue une condition intrinsèque de la construction des savoirs. La participation à cette communauté devient ainsi un principe épistémologique d’apprentissage. Elle  comporte à la fois une dimension sociale et une dimension personnelle : elle est d’une part appartenance à des communautés, et d’autre part, engagement de l’individu dans des pratiques.

Ce concept permet de décrire comment l’apprenant novice  tend progressivement à devenir un membre à part entière de la communauté de pratique. c’est sa participation aux pratiques de la communauté qui le transforme : il commence par être exposé de façon périphérique aux pratiques, puis il y participe en ayant une responsabilité limitée pour finalement y participer pleinement.

Kress et al. (2001),  montrent que cette conception de l’apprentissage va de pair avec une certaine vision de l’identité et de la construction identitaire. Ils montrent l’importance des interactions avec autrui dans la question de l’identité.

 

2) Les liens entre communautés éducatives et réseaux sociaux

 

 

Avec l’apparition du web 2.0 et  les communautés comme Facebook, twitter, google waves ou encore craigslist et linkedin, les échanges de pratiques et le dialogue sont favorisés.

On considère de plus en plus que les réseaux sociaux ont un rôle à jouer dans l’éducation ou l’apprentissage en général.  Prenons l’exemple  des langues étrangères, ces réseaux sociaux et communautés de pratiques favorisent une « communication authentique » et des échanges linguistiques en temps réel.

Ex : www.francaisfacile.com

De nombreuses situations d’apprentissage sont développées ou à développer dans ce contexte de web participatif. On peut y exploiter des des videos, des images, photos, sons dans un état d’interactions permanentes.

 

http://fr.wikiversity.org/wiki/Accueil

http://apprendre2point0.ning.com/

 

3) les formes d’apprentissage

 

Le cyberespace dans son état actuel permet de mettre en relation des individus et leurs savoirs. Le concept du web participatif prend donc racines dans diverses formes d’apprentissage de groupe.

 

            a) L’apprentissage par situation/problème : P. Meirieu

 

Cette stratégie d’enseignement souvent utilisée notamment dans les écoles supérieures de commerce et d’ingénierie donne une véritable place à l’apprenant puisqu’elle nécessite un véritable engagement de celui-ci.

La situation problème consiste en la réalisation d’une tâche dans son ensemble et pas spécifiquement à la résolution d’une problématique comme son nom pourrait le laisser penser. Elle nécessite de partir de données préexistantes, de les analyser, afin d’atteindre un objectif précis.

De par son caractère complet (tâche à réaliser de A à Z) et collaboratif, l’apprenant devra mettre en œuvre un certain nombre d’habiletés pour parvenir à l’objectif fixé par le groupe :

Savoir gérer les priorités

Mettre en œuvre les savoirs adaptés

Partager ses connaissances et assimiler celles des autres

La situation problème doit bien sur avoir un sens par rapport à la situation d’apprentissage en classe c'est-à-dire qu’elle doit être en corrélation avec le cours suivi par les élèves mais aussi correspondre à la réalité professionnelle. Ainsi, une équipe d’apprenants pourrait être amener à « trouver un moyen d’augmenter les ventes du rayon vins d’un supermarché » ce qui engloberait par exemple la réalisation d’une étude de marché, la refonte du merchandising etc… Ce qui nécessite une démarche cognitive active de l’équipe et un engagement réel de l’apprenant dans le processus.

Guide méthodologique pour l’élaboration d’une situation/problème par P. Meirieu : http://www.oasisfle.com/documents/situation-probleme-meirieu.htm

http://www.cslaval.qc.ca/tic/francais/grel/sitprobl.htm

 

b) L’apprentissage collaboratif

 

Lorsque l’on parle de travail collaboratif, il faut le comprendre comme une démarche active de construction de connaissance. L’apprenant s’attache ainsi à travailler avec les autres membres de son équipe dans le but d’atteindre un objectif commun. Il ne s’agit plus ici d’un simple échange d’information ou de transmission d’instructions. (Kaye, 1992).

Le travail sera réalisé par le biais d’échanges et de négociation. (Lundgren-Cayrol, 2001).

Il est important de noter qu’il existe une différence entre travail collaboratif et travail coopératif. En effet, les deux types existent mais n’emploient pas les mêmes moyens, et n’ont pas les mêmes buts.

Un apprentissage collaboratif nécessite de se baser sur ces quatre principes :

 

Accomplissement d’une tâche commune

Tendre vers un objectif commun

Une interdépendance positive

Responsabilisation individuelle

Selon D. Arcand, l’apprentissage collaboratif favorise « l’acquisition d’habiletés cognitives et sociales qui ne sont pas innées ». Il favorise également le transfert des connaissances d’un apprenant à l’autre.

 

L’interdépendance positive et la responsabilisation individuelle sont les piliers de la pédagogie collaborative. Ainsi, cela signifie que chacun doit avoir le même objectif, participer à hauteur égale, partager ses connaissances avec les autres, respecter et aider ses coéquipiers..

De nombreuses approches théoriques sont à l’origine de l’apprentissage collaboratif. Nous retiendrons pour notre étude le socioconstructivisme et la cognition partagée (ou intelligence collective).Collaborer = Communiquer + Organiser + Partager

 

 

 

c) L’apprentissage par échange réciproque

 

La charte

http://www.larucheauxsavoirs.org/index.php/pages/Charte-des-Reseaux-d-Echanges-Reciproques-de-Savoirs

http://vimeo.com/6880232

Source: http://larondedessavoirs.free.fr/

Issus de l’éducation populaire et de certains mouvements pédagogiques dans les années 70, les réseaux d’échanges réciproques de savoirs (RERS) se sont développés en France et dans le monde depuis. Ils reposent sur trois principes simples : tout le monde possède un savoir qui lui est propre et qui peut intéresser d’autres personnes, chacun est dans la capacité d’apprendre de l’autre et donc c’est dans la nature humaine d’apprendre et de transmettre.

Le mélange des genres, des milieux, des savoirs est essentiel, c’est ce qui fait la « richesse du système ». L’échange est gratuit. De nombreux sites permettent la mise en relation des individus. En voici quelques exemples :

Économie alternative

Partage, échange, troc, don

Système d'échange local

http://apprendre2point0.ning.com/ Le site d'échanges francophones dédiés à l'apprendre à apprendre(Francophonie)

http://larondedessavoirs.free.fr/ Le site du RERS de Vincennes, en France

http://www.mirers.org/ Le mouvement des réseaux d'échanges réciproques des savoirs

http://www.lefourquet.irisnet.be/1accueil/137res/restexte.htm  : un petit texte de présentation d'un RES belge

http://www.inti.be/ecotopie/res.html encore un petit texte d'introduction

http://www.larucheauxsavoirs.org/ Site du réseau La Ruche aux Savoirs, en Touraine

http://www.rers-bienne.ch/ Site du réseau de Bienne (Suisse)

http://www.rers-sud-aisne.fr/ Site du Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs du Sud de l’ Aisne (FR,02)

 

4) Les approches psychologiques de l’apprentissage numérique

 

Le numérique donne naissance à de nouvelles approches psychologiques de l’acte d’apprendre. Il offre notamment de nombreuses possibilités de formations informelles et d’apprentissage autodirigé. Le concept d’apprenance développé par Philippe Carré illustre tout à fait ces nouvelles approches. Il parle ainsi de l’apprenance comme d’ « un ensemble stable de dispositions affectives, cognitives et conatives, favorables à l'acte d'apprendre, dans toutes les situations formelles ou informelles, de façon expérientielle ou didactique, autodirigée ou non, intentionnelle ou fortuite ».

Cette approche vise à ce que l’apprenant soit en mesure d’apprendre dans des contextes variés c'est-à-dire pas seulement dans le temps scolaire institutionnel mais à n’importe quel moment de sa journée, de sa vie…

L’apprenant deviendrait ainsi acteur de sa formation. Mais pour P. Carré, nous devons prendre conscience que l’apprentissage tout au long de la vie entraine un changement de paradigme : le passage du temps de la formation à celui de l’apprenance. Il faut donner les moyens à l’apprenant de construire son savoir.

Au sein du contexte « tout numérique » de notre siècle, cette conception prend tout son sens puisque le savoir est à porté de main sur internet avec les ordinateurs extra portables, les téléphones androïdes, les podcasts etc qui donnent accès à un savoir à la demande.

Itinéraire des pédagogies de groupe - Apprendre en groupe ? 1, Chronique sociale, Lyon, 1984, 7° édition, 1994, traduit en italien. 8° édition refondue, 2000.

Diane ARCAND : L’apprentissage collaboratif : http://www.tact.fse.ulaval.ca/fr/html/coop/2app_coo/cadre2.htm

 

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