Camerol Celine : Avant Internet...

Publié le par seraphin ALAVA

Je me suis posée la question: "Comment faisais je avant sans Internet?" Et sincerement cela remonte a tellement loin que je n'arrive pas a me projeter sans la toile. Je vais sur Internet tout les jours, que ce soit pour faire des recherches, pour me divertir, regarder des videos, aller sur facebook, jouer a des jeux..... La toile fait parti integrante de ma vie aujourd'hui si bien que je me dis "heureusement que ca existe!"......Mais il faut avouer que meme si on peut communiquer sur Internet avec nos proches, je pense cependant que ca ne favorise pas les relations humaines a proprement parler, quoiqu'on en dise mieux vaut une "presence physique" qu'une photo que l'on voit dans un petit cadre........

 

J'ai repris cette article du Monde qui m'a bien plu et aussi deux articles sur Psychologie.com

"En dix ans, l'usage d'Internet s'est largement répandu auprès du grand public. Au travail ou chez soi, l'arrivée de ce nouveau média a bouleversé nos habitudes et nos pratiques, si bien que l'on se souvient à peine comment on faisait sans.

Avec les sites de rencontre, Internet fait désormais office d'agence matrimoniale, reléguant le commerce des petites annonces à un niveau marginal. L'enseignement et surtout l'accès au savoir ont connu de profonds changements : les livres sont troqués contre des pages numériques aux origines parfois obscures et les élèves confondent philosophie et café du commerce. Sur le marché du sexe, on regrette le temps de la VHS, quand les gens venaient encore au magasin plutôt que de fantasmer en ligne. Pour les chasseurs de têtes, il n'est enfin plus nécessaire d'essayer de repartir discrètement avec l'annuaire de l'entreprise pour joindre celui qu'on veut recruter. Il en va jusqu'aux affaires célestes, où à défaut de pouvoir se confesser virtuellement, on retrouvera l'homélie du jour.

Alors, c'était mieux avant ?"


"Pour une fête de famille, nous venons de réunir près de cent cinquante individualités de tous âges, mais en majorité de moins de 40 ans. L’animation principale était une vidéo, où chacun des participants était invité à répondre aux mêmes questions simples sur sa vie. Parmi celles-ci : « De quoi ne pourrais-tu pas te passer? » Réponses sans nuances : « De mon portable, d’Internet, de mon portable et d’Internet ! » Ah oui, quand même : « D’amour, de ceux que j’aime, de mes amis… » Point barre. Il y a eu un : « De Dieu! » qui a provoqué quelques gloussements presque gênés.

Nous étions babas devant une pareille unanimité.Du garçon de 8 ans à la grand-mère de 60, tous s’avouent accros à un système de communication qui était, il y a dix ans encore, l’apanage des plus branchés. Sur ce point au moins, pas de clivage de générations. Bien au contraire, puisqu’il s’agit précisément du moyen qui les met en rapport constant, et les rend plus proches les uns des autres.

Au-delà de cette constatation devenue banale, la manifestation de l’emprise sans faille de ces quasi-prothèses de notre corps impressionne. N’entendons-nous pas, de plus en plus souvent, une voix essoufflée nous répondre, au-delà de trois sonneries : « Excuse-moi, je m’étais éloigné de mon portable » ? Comme l’on disait avant : « Excuse-moi, j’avais la tête ailleurs. » Comme si nous avions délégué à l’objet notre centre de gravité. Certes, il s’agit d’un échantillon de population plutôt moderne et privilégiée. Mais nous sommes des centaines de millions dans ce cas à travers la planète, bientôt des milliards. Non seulement les communications électroniques semblent correspondre à un besoin profond de l’individu contemporain, mais elles sont financièrement accessibles à presque tous. Bien plus que ne l’était, dans la période précédente, le moyen de transport individuel, fantasmé par chaque adolescent, mais pas toujours dans ses moyens ni dans ceux de ses parents.

N’oublions pas que juste derrière Internet, ma famille étendue réclame aussi du sentiment, la présence de « ceux que j’aime ». Et tous les sondages confirment que le pôle principal d’affectivité de chacun est bien la famille, désormais reliée par l’électronique. Le rêve d’un monde en paix et plus frugal nous fera-t-il vivre d’amour, d’eau fraîche et de numérique ?Est-ce suffisant comme sens de la vie ? Je ne pose pas la question ironiquement puisque la tendance est bien là. On sent que chacun doit là-dessus s’interroger en ce qui le concerne"

 

 

"Quand je voyais, il y a quatre ou cinq ans, l’un ou l’autre de mes enfants s’attabler devant son ordinateur, cliqueter quelques secondes et ouvrir un échange avec un inconnu – garçon ou fille – de Fort Worth ou de Valparaiso, à l’autre bout du monde, je ressentais, je dois le dire, une certaine irritation et beaucoup de scepticisme. Je ne croyais pas du tout à ce type de communication électronique pour créer des relations vivantes. Je n’avais aucune confiance en des échanges où les mots s’effaçaient d’une simple pression, où les visages apparaissaient et disparaissaient avec un seul doigt !
Je ne croyais pas à la profondeur, à l’intimité ou, simplement, au bien fondé de telles relations.

J’imaginais, j’étais persuadé, qu’il manquait l’essentiel c’est-à-dire la présence, le regard, la densité liée à la proximité, la circulation de l’énergie. Bref, tout ce qui me paraissait nécessaire pour nourrir, alimenter la sève d’une relation vivante ou d’un échange créatif et dynamisant.

Et puis, au cours des mois et des années, j’ai vu, par la médiation de ces ordinateurs –car chacun en avait un !– s’élaborer des projets, s’échanger du plaisir, de la joie, naître des comportements nouveaux, se développer des enthousiasmes, se construire et se concrétiser des actions. J’ai vu des rêves se transformer en réalité. J’ai vu aussi se matérialiser des suivis, s’inscrire des réalisations étonnantes et même, à mon plus grand étonnement et plaisir, se modifier des comportements et des attitudes, chez l’un et l’autre de mes enfants, face aux savoirs et aux savoir-faire !

Ce qui m’a le plus frappé ou touché dans la communication virtuelle ainsi établie, au travers de l’espace, entre des cultures différentes, entre des êtres qui ne s’étaient jamais rencontrés physiquement, c’est, au-delà de la rapidité et de la spontanéité, au-delà de la densité et de la profondeur des échanges, une dimension de liberté et de créativité rare, une inventivité extraordinaire.

Je ne saisis pas bien, encore aujourd’hui, si la fiabilité de telles relations correspond à la confiance incroyable que l’un ou l’autre de mes enfants ont mise dans leurs échanges planétaires. Il me semble qu’à ce jour il y a eu peu de déception ou de malentendu chez eux.

Un autre aspect qui m’a paru important, en particulier pour les plus jeunes, c’est le développement d’un comportement nouveau et d’une relation tout à fait novatrice par rapport à leur avenir. De " mon temps ", enfants, adolescents ou jeunes adultes, nous avions une relation de respect et, surtout, de soumission ou d’opposition face à la connaissance et à la notion de savoir. Nous attendions plus ou moins passivement que quelqu’un – un professeur, sérieux de préférence, apprécié et compétent – veuille bien nous transmettre son savoir, le déposer en nous, s’il nous en jugeait digne !

Aujourd’hui, avec un outil comme Internet, tout le savoir du monde est accessible à chacun. Savoir immense, diversifié, mélangé, dont on peut recouper les sources et valider les références, même s’il s’immisce parfois, sur la toile, des informations erronées ou perverses ! Et même si ce média nouveau comporte des risques de glissement, d’abus, et quelques déviances possibles, je trouve que c’est une invention majeure.

Avec cet outil, la perception du présent, comme de l’avenir en est également modifiée, plus réaliste, moins idéologique, car l’imprévisible est devenu paradoxalement plus familier. J’ai envie de dire, plus accessible, à la portée des plus grands, comme des plus en plus petits. Et comme je me sens un homme planétaire, je veux dire, un citoyen du monde, j’imagine que les outils de la communication qui vont se développer, nous obligeront à un dépassement des pratiques démocratiques dont beaucoup se révèlent aujourd’hui caduques ou inadéquates.

Pour ma part, je résiste encore un peu : la crainte d’être envahi, la peur de me répandre, de m’éparpiller. Je résiste en restant ouvert, mais je sens bien que je vais craquer. Je vais mettre un jour prochain un pied sur Internet !

Quand je voyais, il y a quatre ou cinq ans, l’un ou l’autre de mes enfants s’attabler devant son ordinateur, cliqueter quelques secondes et ouvrir un échange avec un inconnu – garçon ou fille – de Fort Worth ou de Valparaiso, à l’autre bout du monde, je ressentais, je dois le dire, une certaine irritation et beaucoup de scepticisme. Je ne croyais pas du tout à ce type de communication électronique pour créer des relations vivantes. Je n’avais aucune confiance en des échanges où les mots s’effaçaient d’une simple pression, où les visages apparaissaient et disparaissaient avec un seul doigt !
Je ne croyais pas à la profondeur, à l’intimité ou, simplement, au bien fondé de telles relations.

J’imaginais, j’étais persuadé, qu’il manquait l’essentiel c’est-à-dire la présence, le regard, la densité liée à la proximité, la circulation de l’énergie. Bref, tout ce qui me paraissait nécessaire pour nourrir, alimenter la sève d’une relation vivante ou d’un échange créatif et dynamisant."

 

 Et vous comment faisiez vous sans Internet? :)

 

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