La fracture numérique,Mokhtar Nadège et Soulé Mohammed

Publié le par seraphin ALAVA

la-fracture.jpgIntroduction

 

L’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication à révolutionner notre vision du monde. A tel point que beaucoup d’entre nous oublie que le cyberspace ne s’arrête pas aux frontières du monde occidental.

En effet, une fracture numérique est présente, elle met en évidence un gap Nord /Sud, c’est à dire entre l’occident et les pays du sud.

Cette fracture se définit par des inégalités entre l’usage et l’accès aux TIC.

Afin de mieux cerner ce débat, questionnons-nous sur les interventions des différentes instances permettant de réduire cette fracture numérique.

 

 

I- La fracture numérique

 

La fracture numérique ou « digital divide », a fait son apparition dans les années 90, aux Etats-Unis, suite aux rapports fait par l’administration nationale de l’information.

« La fracture numérique est la disparité d'accès aux technologies informatiques, notamment Internet. Il recouvre parfois le clivage entre « les info-émetteurs et les info-récepteurs ». Cette disparité est fortement marquée d'une part entre les pays riches et les pays pauvres, d'autre part entre les zones urbaines denses et les zones rurales. Elle existe également à l'intérieur des zones moyennement denses : ainsi en région parisienne, 25% des lignes ne peuvent avoir un débit ADSL supérieur à 5 Mbits. »[1] 

 

Plusieurs facteurs sont présentés dans la mise ne place de cette fracture. Ainsi, la libéralisation des télécommunications, les stratégies de commerciales des différents opérateurs du marchés, et enfin le manque d’aide financière selon les zones géographiques concernées.graphique-utilisateurs-inte.gif

 

D'après Base de données statistiques des TIC, Union internationale des télécommunications, 2006

 

De plus, on peut se rendre compte d’ inégalités présentes dans le monde créant à son tour de nouvelles inégalités, par exemple, en Afrique on s’est rendu compte que des inégalités se créaient entre les pays dit francophones ou bien anglophones et les autres.

 

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Ces inégalités sont multiples et se situent en 3 points :

Ÿ  Accès aux outils

Ÿ  Usage de ces outils

Ÿ  Usage de l’information

 

II- Vers un nouvel aménagement

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1-Le FSN

Toutes ces inégalités d’accès au savoir été à l’origine de la création d’un Fond Mondial de Solidarité Numérique (FSN).Cette organisation mondiale a pour but de lutter et de réduire la fracture numérique, créant ainsi un accès au savoir simplifié et équitable.

Le FSN permet à toutes sociétés privés ou publiques de leur prélever 1% de leur marge bénéficiaire, qui est ensuite réinvestit à son tour dans le même domaine. Il ne s’agit donc pas d’un don mais d’un investissement.

Concrètement, en Afrique, actuellement, des projets sont mis en places afin de lutter contre le sida et le VIH, pour cela il crée des conditions d’autonomie des enfants et des femmes à l’aide d’accès à internet et à l’informatique : mais aussi en développant le potentiel présent des populations locales.

Pour plus d’info :

http://www.dsf-fsn.org/cms/documents/fr/pdf/Fiche_projet_Burundi_fr.pdf (exemple d’un site en Afrique luttant contre le sida).

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2-Le web 2.0

Pour certains le web 2.0 a transformé la fracture numérique en fracture social, rappelons que le web 2.0 a pour définition :

«  certaines des technologies et des usages du World Wide Web qui ont suivi la forme initiale du web[], en particulier les interfaces permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s'approprier les nouvelles fonctionnalités du web et ainsi d’interagir de façon simple à la fois avec le contenu et la structure des pages et aussi entre eux, créant ainsi notamment le Web social »[2].

En effet, elle serait une fracture sociale car elle empêcherait certains de participer à des dynamiques sociales en lien avec le web, formant donc une forme d’exclusion et de marginalisation des usagers.

 

Mais pour d’autres, le web2.0est au contraire une nouvelle vague sur laquelle il faut surfer, permettant l’approche et le contact de nouveaux horizons jusque là inconnu.

Créateur de reconnaissance social il permet un développement accru des réseaux internet. Il permet un changement des rôles de l’utilisateur, en devenant parfois acteurs et parfois auteurs.

"Ecrire, commenter, copier-coller, mixer, publier, partager ou échanger des photos, vidéos, liens et tag, sur des sites de présentation de soi et de ses univers relationnels, développer des expérimentations cartographiques ou de moblogging articulant le web et le mobile dans un "espace augmenté", la dimension massive de l’usage des technologies sociales est frappante. Ces dispositifs et agencements machiniques, ces pratiques et expérimentations forment désormais un continuum socio-technique appréhendé actuellement sous le terme discutable et discutée du web 2.O, désignant le deuxième âge d’internet et du Web et son tournant expressiviste". [3]

Son ouverture au monde permet à chaque utilisateurs quelque soit sa place dans le monde d’accéder à un réseau de liens et de contacts, on peut alors exister sur la toile et donc avoir le sentiment d’un rôle social plus fort.

Le web 2.0 a tellement été utile qu’un web 0.3 commence déjà à être prévu.

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III-Un exemple concret l’Unesco

 

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Dés les années 1950, l’Unesco est présent dans le domaine des nouvelles technologies, en créant le CIC (Centre international de calcul) puis en 1974 se nommera IBI (Bureau Intergouvernemental pour l’informatique).

L’Unesco a crée en 1990 le Secteur de la communication et de l’information. Ses programmes sont nés de la constitution de l’Unesco qui affirme que l’organisation se doit de promouvoir la libre circulation des idées au moyen des mots et des images.

Le secteur est composé de plusieurs divisions dont :

ð La Division du développement de la communication

ð La Division de la liberté d’expression, de la démocratie et de la paix

ð La Division de la société de l’information.

 

Leurs objectifs sont de promouvoir la libre circulation des idées et l’accès universel à l’information. De soutenir l’expression du pluralisme et de la diversité culturelle dans les médias et dans les réseaux mondiaux d’information et enfin de permettre un accès universel aux TIC

Différents partenaires participent à cette action, citons le Système des Nations Unies, les Organisations Intergouvernementales(OIG) et les Non Gouvernementales (ONG). Les ambassadeurs de bonnes volontés de l’Unesco et les Institutions Nationales, enfin

Le secteur Privé y est lui aussi très largement représenté.

 

L’Unesco soutient les actions destinées à « autonomiser » les individus de façon qu’ils puissent avoir accès et contribuer aux flux d’information et de communication, avoir la possibilité d’acquérir des compétences pour comprendre, participe et bénéficier pleinement des nouvelles « société du savoir. »

Pour l’Unesco les TIC sont des moyens de combattre la pauvreté. Il crée dans presque tous pays du sud (pays en développements)   des Télécentres, et des CMC c’est à dire des centres multimédias communautaires (exemple CMC[4] Sri Lanka) permettant un accès direct aux services d’informations et de communications tels que l’Internet, le courrier électronique. Par exemple, l’Unesco inaugure en aout 2005 un sixième Télécentre communautaire en Ethiopie. Celui-ci est équipé de 5 PC avec un accès à Internet, à des scanners, des imprimantes et même des appareils de photographie numérique. De plus, le centre délivre des certificats de formation à des personnes ayant suivi les cours d’initiation aux TIC de ce centre, permettant alors une reconnaissance de leurs compétences.

 

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D’un point de vu plus éducatif, l’Unesco permet une propagation rapide des TIC aux seins des structures scolaires dans le monde entier. Les interventions ont pour but l’éducation pour tous (EPT).

Ces interventions ont la caractéristique de prendre en compte les besoins pertinents des enfants afin de pouvoir s’insérer correctement dans la société.

Afin de mener à bien leurs interventions l’Unesco se questionne sur :

« Comment peut-on employer les TIC pour accélérer le progrès vers l'éducation pour tous et durant toute la vie? Comment les TIC peuvent-elles entraîner un meilleur équilibre entre l'équité et l'excellence dans l’éducation ? Comment l'aide des TIC peut-elle réconcilier l'universalité et la spécificité locale du savoir ? Et comment l'éducation peut-elle préparer les individus et la société à maîtriser et à tirer bénéfice des TIC qui imprègnent de plus en plus tous les domaines de la vie ?[5] »

Ces recherches constantes ont permis d’élaborer des projets tels que le projet « La Jeunesse et l'Art Numérique ».

Il permet de mettre en relation plusieurs groupes de jeunes venant de tous les continents et de participer à un même projet créatif en utilisant des outils numériques.

L’Unesco propose une formation téléchargeable en ligne et gratuite, disponible à toutes personnes souhaitant mettre en place ce projet.[6] 

 

Enfin, le projet « One Laptot Per Child » « Un ordinateur portable par enfant » de Média Lab.[7] permet de distribuer des PC aux enfants les plus défavorisés des enfants dans le monde. Ces PC permettent un accès rapide à Internet et aux informations.

Par exemple, aux Cameroun des écoles entières sont équipées « d’un centre de ressources multimédia utilisant les ordinateurs XO de la MIT (Massachussetts Institute of Technologies) du programme OLPC (One Lap Top Per Child), elles ont d’ores et déjà été dotées d’un ordinateur complet (PC). [8]»Suite à ces nouvelles installations, il s’est révélé que les élèves avaient acquis une réelle culture du numérique.

 

IV-Réflexions sur la fracture numérique

Selon Kemly Camacho, la fracture numérique ne serait pas résultante de la technologie mais bien du monde dans lequel nous vivons. Pour elle, la stratégie de solidarité numérique n’est pas viable (trop utopiste), il vaut mieux se centrer sur les TIC en tant que soutien à la création de sociétés dites équitables.

Pour Granjon Fabien, se questionner sur la fracture numérique c’est se demander comment vendre Internet à des personnes qui n’en ont pas forcément besoin ou qui ne l’utilisent pas encore. Pour lui, il s’agit de saisir la manière dont :

« Il est possible de développer les usages de l’internet (i.e. identifier les supposés « besoins » des futurs utilisateurs, ainsi que les « freins » à l’adoption) auprès des personnes qui n’ont pas été jusqu’alors amenées à son utilisation, mais de considérer la variété des formes d’acculturation aux services en ligne, notamment dans ce qu’elles ont de spécifique pour ce qui concerne les populations socialement défavorisées ».[9]

Il propose de travailler sur l’utilité réelle de l’usage des TIC propre à chaque pays, plutôt que de le présenter telle la solution miracle du progrès technique et donc social.

 

Critiques :

Plus qu’un débat sur les inégalités face au numérique, la fracture est pour certain un faux problème reflétant d’autres fractures par exemple de type social.

La fracture n’est qu’une partie d’un ensemble concernant les inégalités sociales.

En effet, vu le nombre de personne vivant sous le seuil de pauvreté ou bien le nombre d’analphabète dans le monde, il est évident que cette fracture numérique peut sembler ridicule face aux autres urgences sociales.

 

De plus, la fracture numérique lance un débat sur le partenariat des grandes entreprises et des gouvernements, plus qu’un partenariat à visée éducative ou de développement, il s’agirait de rapports purement économiques.

 

Conclusion :

Afin de permettre à chaque pays de développer ses propres réseaux il est essentiel qu’il puisse avoir une formation lui permettant une autonomie totale.

Cette culture numérique représente pour ces sociétés le moyen de rester dans la course ou au contraire d’y participer.

Comme nous l’avons vu précédemment, la toile est plus qu’un passe temps ou un défouloir sentimental, il s’agit pour ces pays d’un réel enjeu économique, politique et social pour l’avenir, car comme le dit Henri Kaufman, si l’on rate le train de l’informatique et de la télécommunication, il sera très difficile de le rattraper.

Il serait intéressant et constructif d’approfondir ce sujet sur l’emploi et l’utilisation des TIC comme un outil d’échanges et de rencontres dans un nouvel ordre mondial dans le domaine de l’éducation.

 

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Sources:

Ÿ  http://www.youtube.com/watch?v=9n_MDpZjvvM l’autre-fracture-numérique  

Ÿ  http://www.dailymotion.com/video/xd4wb1_un-point-sur-fracture-numerique_teh

Ÿ  http://www.aedev.org

Ÿ  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/internet-monde/fracture-numerique.shtml

  • Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information. Ce livre, coordonné par Alain Ambrosi, Valérie Peugeot et Daniel Pimienta a été publié le 5 novembre 2005 par C & F Éditions.Consulté le 5/05/5010 sur http://vecam.org/article548.html.
  • Granjon (Fabien), « Les sociologies de la fracture numérique. Premiers jalons critiques pour une revue de la littérature »

Questions de communication, n° 7, PUM, Metz, novembre 2004.Consulté le 8/05/2010.

 


[1]  Source Wikipédia .Consulté le 30/04/2010.

[2]  http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0

[3]  Source : Laurence Allard, Revue MediaMorphoses n°21, septembre 2007, Armand Colin/INA

[4]  http://portal.unesco.org/ci/fr/files/15712/11038204155chapitre_2.pdf/chapitre_2.pdf

[5]  http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=2929&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.5

[6] http://www.unesco.org/culture/ydc/ydc_Kit_fr.pdf

 

[7]  http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=27483&URL_DO=DO_PRINTPAGE&URL_SECTION=201.html

[8]  http://portal.unesco.org/geography/fr/ev.php-URL_ID=11360&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[9]  http://psaume.infini.fr/article.php3?id_article=5

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