Exposé LAIFI-NOURI Wided

Publié le par seraphin ALAVA

Apprentissage/travail collaboratif et communauté virtuelle

 

Introduction :

La connaissance et l'information sont des facteurs de plus en plus déterminants pour la création de richesse, la transformation des usages sociaux et le développement humain sous toutes ses formes. En ce sens, on trouve le travail et l’apprentissage collaboratif en ligne qui ont connu l'intérêt avec l'arrivée des technologies de l'information et de la communication (TIC) et surtout avec l'avènement du web dit 2.0.Ce type d’apprentissage donne à l’individu  la possibilité d’utiliser son propre idiome sur les réseaux mondiaux d'information comme l’Internet  à partir des communautés virtuelles afin de déterminer un degré d’intégration aux sociétés du savoir émergentes. Mais pour entrer dans ce monde l’individu doit apprendre à utiliser plusieurs outils qui constituent la grande fenêtre de cyberespace.

Pour mieux comprendre ce thème on posera la question suivante : Dans  le monde de cyberespace on parle souvent d’apprentissage collaboratif et communauté virtuelle. Comment peut-on définir ces termes ? Quels sont les outils utilisés dans un travail collaboratif en ligne ?

 

Pour mieux traité ces deux termes on va commencer par la définition de la notion collaboratif.
Selon le grand dictionnaire de la langue française (Québec)le terme Collaboratif "se dit de ce qui, dans un environnement informatisé ou en ligne, vise à favoriser la collaboration entre pairs, en permettant d'échanger et de partager des compétences pour mieux réussir un projet commun.
Ainsi, on dira : l'apprentissage collaboratif, le travail collaboratif, une formation collaborative, la culture collaborative."

Apprentissage collaboratif

Selon France Henri, Karin Lundgren-Cayrol "La démarche collaborative couple deux démarches : celle de l'apprenant et celle du groupe"
L'apprentissage collaboratif est une démarche active par laquelle l'apprenant travaille à la construction de ses connaissances. Le formateur y joue le rôle de facilitateur des apprentissages alors que le groupe y participe comme source d'information, comme agent de motivation, comme moyen d'entraide et de soutien mutuel et comme lieu privilégié d'interaction pour la construction collective des connaissances. [...]
Dans la démarche collaborative, les apprenants collaborent aux apprentissages du groupe et, en retour, le groupe collabore à ceux des apprenants. (Foy, 2001, p. 42)

"L'apprentissage résulte du travail individuel soutenu par des activités de groupe ou d'équipe. L'apprenant partage des ressources avec le groupe et utilise le travail réalisé en groupe pour apprendre."(Foy, 2001, p. 37-41).

 

 

Travail collaboratif

L'expression « travail collaboratif » aurait été introduite par Yochai Benkler, professeur de droit à l’université Yale, dans un essai intitulé Coase's Penguin[1] écrit pour « ceux qui étudient les organisations et font la politique de la propriété intellectuelle » afin de mettre en lumière la propriété intellectuelle avec ce nouveau modèle de production.

Brigitte Cord :
"Par travail collaboratif, nous désignons donc, d’une part, la coopération entre les membres d’une équipe et, d’autre part, la réalisation d'un produit fini : Internet apparaît alors comme l’outil " adéquat " pour mettre en œuvre des pédagogies "collaboratives". Ainsi, dans notre typologie, la distinction que nous faisons entre la communication et le travail collaboratif se situe en termes d’objectifs. Communiquer est une fin en soi et ne donne pas forcément lieu à des réalisations visibles par tous alors que, dans un projet collaboratif, le but est de créer quelque chose en groupe et notamment en communiquant ». (Université Pierre et Marie Curie)
Alors un travail collaboratif est à la fois : partager (et publier) / communiquer/ (se) coordonner, (s’) organiser / produire.

Pour collaborer il faut un projet et une équipe pour le mener à terme. Pas de travail collaboratif sans un intérêt commun ou un enjeu partagé. La confiance, la réciprocité, le respect, la solidarité sont indispensables. Le travail collaboratif d’une communauté virtuelle est un travail de groupe dont les membres mutualisent leurs compétences et coordonnent leurs actions pour mener à bien les objectifs programmés. Des rôles peuvent être définis et attribués aux membres, des tâches peuvent être réparties. Toutefois l’équipe est solidaire, la responsabilité est collective et chacun intervient à toutes les étapes. Il ne s'agit donc pas d'un travail coopératif où, après division du travail, la personne réalise seul sa partie avant la mise en commun finale. On pratique le travail collaboratif surtout dans une communauté de projet ou de travail, même si on peut aussi collaborer au niveau d’une communauté de pratique ou d’intérêt.

 

 

2.1 Quelques points de repère
"Ensemble de personnes reliées par ordinateur dans le cyberespace, qui se rencontrent et ont des échanges par l'intermédiaire d'un réseau informatique, tel Internet, et qui partagent un intérêt commun."
(Synonymes : cybercommunauté, communauté en ligne, communauté électronique).Grand dictionnaire terminologique de la langue française (Québec)

La communauté virtuelle est un terme générique regroupant en son sein d'autres types de communautés tels que: communauté d'intérêt, communauté de pratique, communauté d'apprentissage.

 "Selon Foorsyth, une communauté est un groupe d'au moins deux personnes qui s'influencent l'une l'autre à travers des interactions sociales. La communauté est dite "virtuelle" dès que ses membres utilisent les réseaux informatiques (notamment Internet) pour se rencontrer et échanger.
Pour être clair, la communauté est bien réelle, mais les rencontres et les échanges sont délocalisés : ils se font dans un espace virtuel dont la métaphore est manipulable via des ordinateurs connectés en réseau (internet, intranet ou extranet)."

Pour conclure on pourra dire qu’une communauté virtuelle :

C’est un groupe composé de personnes qui se rencontrent (discutent, échangent, travaillent ...) sur Internet au moyen des fonctionnalités offertes par le réseau (sites, mail, forum, groupware...). Les espaces de rencontre sont déterritorialisés et les moyens utilisés sont numériques.

Virtuel ne s’oppose pas ici à réel mais à présentiel il faut le comprendre comme « non présent en un même lieu » ou déterritorialisé.

Il existe différents types de comvirs sur Internet : les communautés virtuelles, composées d’individus géographiquement éloignés, ne peuvent évidemment se développer que grâce aux réseaux et tout particulièrement, du fait des possibilités qu’il offre, le réseau Internet. La communauté est réunie autour d’un intérêt commun et parfois autour d’un projet commun.

 

2.2 Types de communauté virtuelle :

On distingue 3 types de communautés virtuelles sur Internet :

La communauté virtuelle d’intérêt rassemble plusieurs centaines parfois quelques milliers de membres autour d’un thème d’intérêt commun. Ce type de communauté est en général fédéré par un portail offrant de multiples sources d’informations, proposant des lieux d’échanges et la possibilité de mutualiser des connaissances sur le thème fédérateur. On y vient par curiosité, pour se tenir informé.

La communauté virtuelle de pratiques (CoPs) n’utilise pas nécessairement un portail et se contente en général de lieux d’échanges tels que newsgroups, forums ou listes de diffusion. Elle rassemble des membres ayant des pratiques semblables liées à un métier ou à un hobby. Quelques dizaines de participants, parfois plus, échangent leurs expériences. On y trouve plus de spécialistes du thème commun, moins de participants occasionnels. Ces communautés sont parfois créées à l’initiative de la hiérarchie.

La communauté virtuelle de projet (ou de travail) réunit un petit nombre de personnes (maximum 12) autour d’un projet commun. La durée de vie est souvent limitée à celle nécessaire à la réalisation du projet. L’équipe projet est, dans la plupart des cas, soumise à des contraintes de temps et à des obligations de résultat.

Lorsqu’on parle d’une communauté virtuelle d’apprentissage, il s’agit de toute comvir réunie dans le but d’apprendre ou, institutionnellement parlant, composée de formateurs et d’apprenants.

 

3 Les outils collaboratifs :

3.1 Histoire des outils collaboratifs  

Les outils collaboratifs répondent aux besoins des utilisateurs de travailler en groupe, par exemple, faciliter l'écriture collaborative de documents. Nés de la croisée de technologies indépendantes (messagerie, forum, workflow...), ils ont permis de mutualiser les ressources.

L'histoire des outils collaboratifs commence avec la « libéralisation » de l’Internet vers la fin des années 80. Cet événement majeur annonce le début d'une nouvelle ère : le réseau n'est plus réservé aux seules universités, et des instances non gouvernementales — l’IAB (Internet Architecture Board) et l'ISOC (Internet Society) par exemple — sont créées pour mettre sur un pied d’égalité les universités et les entreprises. Cette ouverture permet l'émergence de « fournisseurs d’accès à Internet ». C'est la naissance de l’Internet « commercial ». Le début des années 90 a été marqué quant à lui par la création du Web (l’Internet multimédia) par Tim Berners Lee. Vient ensuite Mosaic, le premier navigateur graphique créé en 1993 par Marc Andreessen. Capable d’afficher des images et des formulaires de saisie interactifs dans des pages, ce navigateur web est le catalyseur qui a rendu le World Wide Web si populaire. Il est en effet à l’origine de l’augmentation exponentielle du nombre de serveurs Web. Depuis, d’autres outils sont apparus, mais ce sont ces éléments qui ont fait office de déclencheurs.  En 1996, l'arrivée de la technologie ASP (Active Server Page) de Microsoft a permis de développer plus facilement des applications web interactives, en mixant au sein du code HTML d’une page web des ordres écrits en langage de script en particulier des requêtes SQL (Structured Query Language, le langage de requête des bases de données relationnelles). C'est le serveur Web qui se charge ensuite d’interpréter ces scripts. Cette solution évite d'exécuter un processus externe lors de chaque requête, tout comme le permet la technologie CGI.

Enfin, les années 2000 ont consacré l’utilisation des langages de script, en particulier de JavaScript comme langage permettant de réaliser des interfaces utilisateurs plus réactives, en déportant une partie du traitement dans les navigateurs web.

3.2 Représentation de quelques outils :

On va parler dans cette partie des principaux outils utilisés pour collaborer sur leWeb2.0

L’expression «Web 2.0» est utilisée depuis quelques années par les professionnels anglophones du domaine des technologies de l’information, mais n’a fait son entrée que récemment dans le vocabulaire français, le plus souvent sans qu’on sache ce qu’elle signifie exactement.

Parmi ces outils : le wiki et le blogue

 

Le Wiki (la construction collaborative de connaissances) :

C’est un outil révolutionnaire crée par l’informatrice Ward Cunningham (a crée le premier wiki, celui du Portland Pattern Repository).Mais pour Définir ce qu'est un wiki aujourd'hui n'est  pas si simple. Le concept initial a en effet été dérivé et implémenté dans plusieurs centaines de moteurs de wikis. Et d’autres types de logiciels collaboratifs se sont inspirés des wikis.

« Un wiki est un site web collectif dans lequel un grand nombre de participants sont autorisés à modifier les pages et à en créer de nouvelles à l'aide de leur navigateur web. »


Le moteur de wikis est quant à lui l'outil logiciel qui permet de maintenir le site

Un Wiki se nomme ainsi Wikipedia parce qu’elle est à la fois une encyclopédie et un wiki. En effet un wiki est un système de gestion de contenus qui rend les pages Web librement et également modifiables par tous les visiteurs autorisés. Ces pages ne sont pas hiérarchisées, mais simplement liées entre elles par des hyperliens. De plus, un wiki archive continuellement chaque modification qu'on y apporte, avec sa date et son auteur, et conserve généralement toutes ces informations dans une base de données.

Mais quels sont ses utilisations possibles en formation et apprentissage en ligne ?

Le wiki est l’instrument par excellence de la production collaborative entre un groupe de personne qui partage un intérêt commun c’est l’exemple des étudiants aussi bien qu’entre formateurs.

Pour les étudiants:

La contribution à l’élaboration de documents de référence sur le sujet de la formation.

Le wiki est alors utilisé pour construire collectivement des encyclopédies thématiques, des portails de gestion de connaissances de groupe

La recherche dans ces sources et l’évaluation de leur valeur ou de leur pertinence.

L’élaboration collaborative de documents liés à un travail d’équipe. On peut faire, dans le wiki, la planification des travaux, les comptes rendus de réunions de même que la rédaction proprement dite du travail d’équipe.

Pour les formateurs :

La diffusion d’information. Un wiki permet de construire facilement un site Web qui peut être utilisé comme portail de l’enseignant, lui permettant d’afficher des renseignements relatifs à ses divers cours et d’autres ressources d’intérêt

La construction de dépôts de documentation, que ce soient des textes comme dans le dépôt WikiEducatorou dans la bibliothèque de livres pédagogiques Wikibooks

L’élaboration collaborative de documents liés à un projet soit en utilisant des outils qui se définissent clairement comme des wikis ou d’autres, comme Google Docs

L’évaluation des étudiants. La conservation des versions successives, la notification des modifications faites et la possibilité de commenter permettent de suivre et de guider la progression des étudiants sans avoir à télécharger ou à manipuler de multiples documents. L’évaluation peut ainsi être adaptée à l’outil.

 

 

Le blogue (réflexion personnelle partagée) :

Le terme blogue signifie un carnet ou cybercarnet. Il est issu de l’anglais Web-log ou journal Internet. Il s’agit d’un site Web généralement publié par un seul individu, centré sur un sujet particulier et régulièrement mis à jour. Les articles ou billets d’un blogue paraissent en ordre chronologique inversé et chacun peut être commenté. La plupart des blogues sont surtout textuels, incluent de nombreux hyperliens et offrent des options de syndication des contenus. Ils peuvent cependant inclure des images, du son et de la vidéo ou même être centrés sur d’autres médias comme les billets balados et les vidéo blogues

L’utilisation des blogues est pour diffuser largement et facilement les opinions, réflexions ou activités, le plus souvent en regard de l’actualité.

Mais quels sont ses utilisations possibles en formation et apprentissage en ligne ?

Pour les étudiants 

  • La réflexion et la métacognition. Un étudiant peut, de façon indépendante67, rassembler ses réflexions dans un blogue. Celui-ci peut aussi s’inscrire formellement dans un cours.
  • La pratique de la langue et de l’écriture. Comme le wiki, le blogue repose le plus souvent sur l’écrit. Il offre généralement des textes relativement formalisés, qui constituent une occasion de structuration de la pensée et de l’apprentissage de l’écrit.
  • L’apprentissage de l’argumentation et de l’esprit critique. Outil privilégié de publication d’opinions structurées et réfléchies, qui peuvent être soumises à des commentaires divergents, le blogue permet d’apprendre à confronter des idées et à mieux comprendre le fait que toute l’information publiée n’est pas de la même qualité.
  • L’ouverture à d’autres cultures. En apprentissage d’une langue étrangère, on souligne qu’ils permettent aussi de s’ouvrir à d’autres cultures. 
  •  La socialisation ou le développement d’un sens de l’appartenance. Le blogue peut servir à se présenter dans un cours.   
  • L’apprentissage des technologies et de la culture du numérique.

 

Pour les formateurs :

  • L’animation d’un cours ou d’un programme. Le blogue peut être utilisé pour stimuler et enrichir le travail des étudiants 
  • L’évaluation des étudiants.
  • Le partage de ressources ou la veille pédagogique. Les commentaires ne sont pas leseul type d’interaction dans un blogue. L’échange de ressources, reposant sur l’utilisation de liens croisés entre blogues et d’autres outils du Web
  • L’humanisation. Un blogue intéressant permet à un enseignant de se faire connaître, notamment auprès de ses étudiants et de leurs parents et d’humaniser davantage sa relation avec eux, particulièrement s’il y insère des photos et des vidéos
  • La maîtrise de la langue. Même pour les formateurs, le blogue aide à progresser en écriture.
Conclusion :

 Pour conclure on peut dire que L’apprentissage collaboratif en ligne constitue l'apport pédagogique le plus important de l'enseignement en ligne. D’autre part, il fait bénéficier les apprenants d'une grande flexibilité de temps et de lieu (stimulant l'autonomie et la réflexion) ainsi que d'une excellente interaction asynchrone (source de motivation, d'entraide, d'esprit critique, de synthèse…).En outre, L'application du travail collaboratif en ligne (A.T.C.L.) permet de coordonner, en ligne, les acteurs d'un projet à l'usage d'intervenants multiples et «géo-dispersés» sur tout le département et pouvant appartenir à des organisations différentes. Se sont des applications qui se terminent dans un environnement virtuel grâce à certains outils sur internet, dont les collaborateurs peuvent créer, partager et modifier des fichiers de travail en temps réel. Ces applications permettent notamment d'améliorer la communication entre les individus. Mais malgré les différents avantages de ce genre d’apprentissage et de travail, ils ont plusieurs limites surtout au niveau cognitif : limite de la présence sociale, limite du processus de développement de la pensée, limite du processus réflexif, limites de la structuration des échanges, et Limites du langage verbal et de la conversation.

 

 

 

 

Bibliographie :

http://www.educnet.education.fr/dossier/travail-apprentissage-collaboratifs

http://www.educnet.education.fr/dossier/eformation/notion-accompagnement-notion-collaboratif

http://en.wikipedia.org/wiki/Cyberspace

http://www.utc.fr/~untele/volume2.pdf

http://www.guidescomparatifs.com/intranet_extranet_portail.asp

http://www.eadtu.nl/e-xcellenceQS/files/members/E-xcellenceManualGrey_FR/Conceptionpdagogique.html

http://www.grandsorganismes.gouv.qc.ca/app/DocRepository/1/Rapports_recherche/Apprentissage_ligne.pdf

Apprentissage collaboratif à distance : pour comprendre et concevoir les environnements d'apprentissage virtuels. Sainte-Foy (Québec, Canada) : Presses de l'Université du Québec, 2001, 181 p.

 

 

 

 

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